Au CERN, comme dans tous les grands établissements industriels, les
risques liés aux activités sont nombreux et divers. Comme il a
déjà été précisé dans l'introduction,
les règles de sécurité à observer sont décrites
dans des documents tels que SAPOCO/42,
les Codes
de sécurité, les Instructions
de sécurité et les Notes
et Bulletins
de sécurité (voir ci-joint, à
l'Annexe C, la liste des documents sur la sécurité publiés
par la Commission de Sécurité).
Le Vademecum
de sécurité rappelle quelques règles de securité
élémentaires.
Plusieurs dangers potentiels particuliers sont évoqués ci-après, ainsi que certaines règles simples visant à les prévenir.
Les accidents de la circulation sur le domaine du CERN et à l'extérieur du site, en particulier pour se rendre au travail et en revenir, sont responsables d'un grand nombre de jours d'absence. Les règles de circulation ne seront pas répétées ici: ce sont celles des codes de la route français et suisse. Tout conducteur de véhicule qui entre sur le domaine du CERN doit respecter les règles de circulation (Code de sécurité A7), notamment les limitations de vitesse.
Plus de la moitié des cas de maladies professionnelles reconnues par le CERN sont dus à des altérations de l'ouïe engendrées par le bruit sur les lieux de travail. Les causes les plus fréquentes en sont les installations cryogéniques, les pompes à eau et leurs tuyauteries, et les ateliers de tôlerie. Des mesures adéquates de protection contre le bruit doivent être incorporées dans les installations nouvelles dès leur conception et au moment de la rédaction des spécifications (p.e. caissons insonorisants, murs antirésonnants, amortisseurs pour empêcher la propagation du bruit le long des canalisations, etc.).
En outre, les installations du CERN étant presque toutes proches de régions habitées, le CERN doit respecter la législation des pays-hôtes sur l'environnement pour les niveaux de bruit admissibles aux limites de propriété de son domaine. Ces niveaux sont particulièrement bas, notamment pendant la nuit.
Les prescriptions relatives à ce sujet sont décrites dans le Code de Sécurité A8 "Protection contre le bruit".
Le Code de sécurité chimique (Code B) explicite les règles concernant l'achat et l'élimination des produits chimiques.
Un manuel de sécurité chimique a été préparé pour aider les utilisateurs du CERN à appliquer le Code de sécurité chimique dans les situations particulières:
Chacun doit s'informer correctement avant d'utiliser des matières toxiques et/ou corrosives. En cas d'ingestion ou de contact avec la peau ou les yeux, rincer à l'eau abondamment (pendant 10 minutes) et contacter le service médical.
Ne jamais se débarrasser de produits chimiques ou d'autres déchets en les jetant à l'évier ou à l'égout. En vue de leur élimination dans de bonnes conditions de sécurité, téléphoner au Service d'élimination des déchets spéciaux de GS-SEM-LS.
Les dangers de l'électricité sont pratiquement présents partout; toutes les personnes qui travaillent au CERN doivent y être sensibilisées. En particulier, les personnes qui effectuent des travaux sur des installations électriques doivent être habilitées pour ce travail.
Le Code
de sécurité C1, "Code de sécurité relatif
à l'électricité", fixe la réglementation à
suivre pour les travaux de construction électrique, ainsi que pour l'installation
et l'utilisation de matériel électrique, en vue d'assurer la sécurité
des personnes et des biens.
L'Instruction
de sécurité IS 5 rev. décrit les trois types d'arrêts
d'urgence (généraux, locaux ou d'équipement), définit les zones à équiper et
explique les actions produites par ces systèmes.
L'Instruction de sécurité IS 24, "Réglementation applicable aux installations électriques" spécifie les normes en vigueur sur le domaine du CERN.
Le Code de sécurité E, "Protection contre l'incendie", fixe la réglementation à suivre pour la protection contre les incendies et leur prévention. Il importe notamment que chacun connaisse l'emplacement et l'utilisation des systèmes d'alarme et de l'équipement de lutte contre le feu situés à proximité de son lieu de travail.
De nombreux incendies ont été provoqués par des activités utilisant des outils ou des équipements créant des "points chauds", comme la soudure, le découpage au chalumeau, le meulage, etc. Toute personne exécutant ce genre de travail ailleurs que dans un atelier équipé à cet effet doit être en possession d'un "permis de feu" établi par le donneur d'ordre et contresigné par le TSO de la zone où les travaux s'effectuent (voir annexe V du Code de sécurité E).
La combustion de matières plastiques contenant des halogènes, du phosphore ou du soufre dégage des gaz corrosifs qui provoquent souvent plus de dégâts que le feu lui-même. Afin de réduire au minimum ce risque, l'Instruction de sécurité IS 41 fixe les règles à observer pour la sélection des matières plastiques à utiliser au CERN, et l'Instruction de sécurité IS 23 celles pour la sélection des câbles électriques adéquats.
Pour faciliter l'évacuation des personnes, les voies et issues de secours doivent être clairement indiquées par les signes appropriés (voir le Code de sécurité A3 "Code Couleurs et Signes de Sécurité").
Procédure à suivre en cas de feu dans des zones souterraines
Depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle convention entre le CERN et la France
(Septembre 2000), le LHC et le SPS sont classés «Installation Nucléaire de Base»
(INB).
Le périmètre INB comprend les tunnels du LHC et du SPS et leurs lignes de transfert
jusqu'aux cibles (y compris CNGS), ainsi qu'un certain nombre de bâtiments de
surface et de terrains sur les différents sites du CERN.
Il découle de cette convention que la sûreté de ces installations - ainsi que
la sûreté des opérations liées au démantèlement du LEP - est assurée selon des
modalités qui sont soumises à l'approbation et au contrôle des autorités compétentes
françaises.
En particulier, le CERN définit dans la zone INB une zone «Nucléaire» et une
zone «Conventionnelle». La zone "Nucléaire" est définie au préalable comme contenant
des éléments radioactifs ou susceptibles de l'être. La zone "Conventionnelle"
est définie de façon similaire et ne contient que des éléments conventionnels,
c'est-à-dire non activés.
Le CERN établit également des procédures précises de traçabilité de tout matériel
qui entre ou sort de ces zones.
De manière générale, chacun est tenu d'éviter, tant pour
lui-même que pour les autres, toute exposition inutile à des rayonnements ionisants
et de respecter les règles énoncées dans le Code
de sécurité F (Manuel de radioprotection). A cet effet, les
activités doivent être soigneusement planifiées et il convient de fournir aux
autres travailleurs, y compris au personnel des entreprises extérieures, des
informations adéquates et une formation appropriée.
Lorsque des travaux doivent être effectués dans des zones contrôlées, signalées
par les panneaux jaunes, chacun doit appliquer les consignes ci-après:
Tout matériel qui quitte une zone d'accélérateur peut avoir été activé. Il
doit donc être contrôlé et, même s'il n'est que faiblement radioactif, il doit
être signalé au moyen d'une bande adhésive portant le symbole jaune utilisé
habituellement dans ce cas. ![]()
La réparation, l'entretien, etc., d'éléments radioactifs sont autorisés au
CERN, mais leur usinage y est interdit. En règle générale, un tel équipement,
même
si son degré de radioactivité est très faible, ne doit rester dans les ateliers
ou les halls que pendant le temps minimum nécessaire à l'exécution des travaux,
puis il doit être entreposé dans l'une des zones spécialement prévues
à cet effet. Le matériel qui quitte un accélérateur ne peut être éliminé en
tant que déchet ordinaire que si le Groupe DGS-RP confirme qu'il s'agit de
materiel conventionnel.
Le Groupe DGS-RP est chargé de l'élimination de tous les déchets radioactifs.
Les sources radioactives, même de faible intensité, doivent être enregistrées auprès du Groupe DGS-RP. Le transport et l'utilisation de ces sources doivent être notifiés à l'avance au Service des sources radioactives du Groupe DGS-RP qui doit donner son accord. Le Groupe DGS-RP fournit des conseils sur l'achat de sources radioactives et peut, très souvent, prêter des sources aux utilisateurs. Tout travail avec des sources radioactives ou à proximité de celles-ci nécessite le port permanent d'un dosimètre individuel. Les sources radioactives doivent être convenablement stockées et blindées lorsqu'elles ne sont pas utilisées.
Le Code de sécurité G, le "Flammable Gas Safety Manual " et la Note de sécurité 23 contiennent les règles de sécurité, les pratiques recommandées et les informations techniques concernant la conception et l'exploitation de systèmes mettant en oeuvre des gaz inflammables.
En particulier, les systèmes utilisant des gaz inflammables, liquéfiés ou non, à des fins de combustion (p.ex. installations de soudage fixes ou mobiles) doivent satisfaire aux exigences fixées par la législation suisse dans l'Ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT3). Pour l'application de cette ordonnance, la Commission de Sécurité agit au CERN en lieu et place des autorités nationales suisses.
L''instruction
de sécurité IS 47 "Utilisation des fluides cryogéniques"
contient des informations sur les systèmes mettant en oeuvre des fluides
cryogéniques, les risques au'ils présentent et les règles
de sécurité appliquables.
Dans les lieux où sont entreposées d'importantes quantités
de liquides cryogéniques, comme l'hélium, l'azote ou l'argon liquides,
des préscriptions de sécurité adéquates doivent
être affichées par la personne responsable des équipements,
en accord avec le CSO.
Une fuite de gaz cryogéniques engendre un épais nuage froid,
qui diffuse vers le haut dans le cas de l'hélium, et vers le bas dans
le cas de l'azote ou de l'argon.
Dans une telle situation, il faut rester aussi loin que possible de la fuite
et se conformer aux préscriptions de l'IS 47.
Indépendemment des dangers évoqués ci-dessus, tous les gaz peuvent, à des degrés divers, être source de risques, tels que
Les prescriptions du Code A4 sur le travail en espace confiné ont pour but de prévenir ces deux derniers risques.
L'instruction de sécurité IS 22/Rev. "Règles de sécurité pour l'utilisation de lasers au CERN" décrit les risques qui peuvent résulter de l'utilisation de lasers. Tout laser introduit sur le domaine du CERN doit être enregistré par le Service Lasers qui recommandera les mesures de sécurité à mettre en oeuvre.
Des précautions doivent également être observées lors de travaux à proximité de champs magnétiques (voir IS 36/Rev.) et de micro-ondes (voir NS 9/Rev.). En particulier ces zones sont interdites d'accès à toute personne munie d'implant ferro-magnétique ou de stimulateur cardiaque.
Les zones présentant des risques spécifiques sont - entre autres - les espaces confinés qui font l'objet du Code de sécurité A4.
En accord avec la Commission de Sécurité, certaines zones d'accès difficile ou
dont l'atmosphère peut manquer d'oxygène ou contenir des gaz toxiques,
sont déclarées "espaces confinés".
La liste des zones présentant des risques spécifiques pour votre
département est donnée en Annexe I.
L'entrée dans un espace confiné, strictement reglementée,
est soumise aux prescriptions du Code
de sécurité A4 "Espaces confinés".
Un permis d'entrée pour effectuer des travaux dans un espace confiné
n'est délivré qu'après un avis favorable résultant
d'une inspection de sécurité effectuée conjointement
par la personne préposée au travail et un représentant
du Service
Secours et Feu du CERN immédiatement avant l'entrée.
Un contrôle permanent de la concentration en oxygène dans l'espace
confiné est obligatoire pendant la durée des travaux. Des prescriptions
détaillées à ce sujet sont données dans le Code
de sécurité A4.
L'Instruction Générale de Sécurité "GSI-M2 - Equipements sous pression" s'applique à la conception, à la fabrication, aux essais, à l'installation et à l'utilisation sur le domaine du CERN de tous les équipements sous pression, à l'exception des équipements ne contenant que de l'eau froide à la pression domestique ou de l'eau de refroidissement.
Tout équipement de levage doit être conforme à l'instruction Générale
de Sécurité "GSI-M1
- Equipements de levage standards", et les opérateurs
doivent être en possession des autorisations délivrées par la Commission de
Sécurité pour les équipements qu’ils utilisent.
Lors d’un transport un périmètre de sécurité doit être délimité, et toute présence humaine sous des charges est interdite.
Dans les halls équipés d’un pont roulant, des zones réservées au chargement et au déchargement ainsi que des passages dédiés au transport doivent être clairement définis et signalés.
Aucun matériel ne doit être stocké dans les passages et zones réservées au mouvement des charges suspendues.
L’installation de baraques en tant que labos ou bureaux devrait être évitée. Si l’installation d’une baraque s’avère indispensable, sa position dans le hall doit être déterminée en accord avec le service de transport et de manutention.
Aucun objet élevé ne doit obstruer le passage du pont roulant vide avec son crochet. L’opérateur du pont roulant doit à chaque instant avoir en vue le(s) crochet(s). Si tel n’est pas le cas, des mesures compensatoires, comme la définition de zones de sécurité, devront être prises.
Tout transport lourd doit être planifié selon un mode opératoire et une analyse de risques consignés. Les services travaillant dans le même secteur doivent être informés du transport à venir. Les personnes ayant une activité permanente dans le secteur doivent être avisées que le transport a priorité sur les autres activités, et que les instructions données par l’opérateur du pont roulant doivent être suivies.
| Créé 21.05.1997 - modifié 12.07.2010 - Auteur: DSOC - |